Le débat s'instaure sur différentes logiques : petits pays (France) vs. grands pays (Chine, Etats-Unis), importance du Crédit Impôt Recherche pour compenser les charges fiscales lourdes dans notre pays, absence de logique européenne d'industrialisation numérique, problème de la libre concurrence vs. le protectionnisme de certains pays, le développement de certains pays avec des aides massives de l'Etat, ce qui n'est pas le cas en France. Pour Motorola d'ailleurs "la France est un pays comme un autre, sans être un bloc".

Focalisation est également faite sur l'Allemagne avec le tissu des Mittelstand et l'organisation régionalisée (Länder) du pays. En comparaison, on ne sait pas faire pareil. L'Etat Français ne doit pas développer une filière industrielle, mais créer un écosystème favorable : la fibre optique aurait pu (dû?) être développée plus vite et le regret est fait par rapport à un retard de 18 mois dû à la complexité règlementaire.

Les participants regrettent notamment que la France n'a toutefois pas de politique industrielle structurée. Guy Roussel souhaite réindustrialiser la France dans la filière STIC. M. Rohleder souligne que le problème est plus large en rappelant l'échec de Galiléo (GPS européen). Pour ce dernier, le Cloud Computing est clairement le défi le plus grand car il ne souhaite pas voir ses data transformées dans des pays non européens (Inde, Chine, Etats-Unis) afin notamment de garantir la protection des données personnelles et le respect des celles-ci. L'Allemagne exporte près de 50 milliards d'euros en prestation TIC !

M. Roussel pense que la bataille de l'infrastructure du Cloud est perdue et souhaite faire que la bataille des services et des usages soit gagnée car l'Europe ne peut se permettre de la perdre. Pour cela, il faut aller très vite car cette seconde est également génératrice d'emplois.

M. Rames s'interroge sur l'absence de vraies PME dans les TIC et trouve qu'il y a une certaine incapacité à créer un vrai écosystème. Il souligne que la France était en avance sur le haut-débit (20 millions d'internautes haut-débit dont 50% en triple play, que la France a inventée) et que ça a permis de développer des entreprises sur cette infrastructure. Il trouve qu'il y a aussi un écosystème sur les réseaux mobiles. En revanche, il souligne que sur le très haut débit fixe la France a perdu 2 ans en paroles. Les industriels sont donc déçus : 365 000 d'abonnés Très Haut Débit au T3 2010. Il est vrai que ce chiffre limite clairement le développement de services innovants puisque l'infrastructure n'est pas suffisamment large pour rentabiliser des investissements d'usage et de services. Il rappelle qu'en Allemagne, en l'espace de 6-8 mois, ils ont régulés et déployés le THD. L'appel au déploiement est lancé : Faisons le THD !!! Et évitons trop de règlementations. M. Roussel regrette aussi qu'il n'y ait pas d'autres Epson, Nokia et Alcatel-Lucent pour équiper les opérateurs et éviter de s'équiper dans d'autres pays.

La salle s'interroge sur cette vision très négative, mais pour les intervenants, il s'agit clairement de l'expression d'une frustration liée au retard sur le THD mobile et fixe. M. Rames souhaite que les opérateurs aillent vite notamment sur le THD mobile pour ouvrir la porte à de nouveaux services et usages. M. Demarta conclue en indiquant que les industriels doivent ouvrir leur espace géographique et éviter de limiter leurs réflexions à leur territoire national. Il ouvre aussi sur le système éducatif européen en comparant ce qu'il se passe aux Etats-Unis où les choses vont très vite sans se poser trop de question : on va de l'avant.

Il est intéressant de constater que le débat porte quasiment exclusivement sur l'infrastructure et très peu sur la dimension consommateur et client. En effet, développé de nouveaux services c'est important, mais faire en sorte qu'ils soient largement utilisés l'est encore plus ! Pour moi l'enjeu n'est donc pas tant un débit plus élevé que des services plus valorisant. Attendre le THD pour de nouveaux services reviendrait-il à dire qu'on a tout fait sur l'ADSL ? Ce n'est pas très rassurant car combien de PME françaises sont-elles présentes à l'international à l'instar de sociétés comme Google, Amazon, Facebook, RIM (qui avait une vision service de son terminal mobile), etc. ???

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