"Les compteurs électriques installés aujourd’hui en France sont en majorité des compteurs électromécaniques. S’ils mesurent la consommation et sont particulièrement adaptés aux tarifs réglementés, ils ne répondent pas forcément à l’évolution des besoins des différents acteurs du marché de l’électricité en matière de communication d’informations et d’offres tarifaires. A l’initiative de la Commission de Régulation de l’Energie (CRE), ERDF a développé une nouvelle génération de compteurs, dits « communicants », qui permettra de transmettre et de recevoir des données à distance. Ces compteurs permettront de répondre à la plupart des besoins des clients soucieux d’améliorer la maîtrise de leur consommation d’énergie. Le futur système de comptage, qui utilisera des communications par courant porteur en ligne et longue distance, permettra aussi à ERDF d’améliorer sa connaissance du réseau en disposant de données plus précises et actualisées. Il s’agit là d’une véritable révolution dans l’accès aux services énergétiques."

Le fonctionnement du système est également détaillé : "Le système Linky est un automate de contrôle connecté avec les systèmes d’information d’ERDF. C’est un système « esclave » qui reçoit des ordres qu’il exécute, et qui transmet en retour des comptes rendus et des mesures validées. Ce système repose sur cinq éléments principaux :

  • le compteur communicant,
  • le concentrateur qui joue un rôle d’intermédiaire entre le système d’information central et les compteurs. Il interroge les compteurs et traite et stocke les informations qu’il reçoit avant de les transmettre groupées au système d’information central. Le concentrateur est situé dans les postes électriques.
  • le système d’information central qui reçoit les demandes de la part des systèmes d’information internes d’ERDF, et les traite via un système automatisé.
  • le réseau de communication local (LAN) qui permet la communication entre les compteurs communicants et les concentrateurs. Il repose sur la technologie Courant Porteur en Ligne (CPL), utilisant le réseau électrique basse tension pour échanger des données et des ordres entre compteurs et concentrateurs.
  • le réseau de communication étendu (WAN) qui permet la communication entre les concentrateurs et le système d’information central. Ce réseau s’appuie sur le réseau télécom, via les technologies associées (ex : GPRS)"

Le premier compteur communiquant devrait être posé le 8 mars 2010 et être accompagné de 100 000 autres entre mars et septembre dans 150 communes de l'Indre et Loire.

Enfin, le dossier de presse détaille les bénéfices immédiats pour le client :

  • premier avantage important : le compteur communicant réduira certains délais d’intervention. Par exemple un changement de puissance qui est aujourd’hui réalisé dans un délai de cinq jours pourrait être effectué en deux heures. Un gain de temps rendu possible grâce aux interventions à distance que permettrait le système. Ainsi des opérations telles que le relevé des index (la consommation), les modifications de puissance, la clôture d’un contrat ou la remise en service n’obligeraient plus le client à être présent au moment des manipulations.
  • deuxième avantage : l’amélioration de la facturation. Finies les factures sur estimation. Le système permettra désormais au client de ne payer que ce qu’il a exactement consommé grâce à un relevé reflétant à distance, tous les deux mois, sa consommation réelle.
  • troisième avantage : la maîtrise de la consommation d’énergie. Grâce à la possibilité d’accéder facilement (via l’afficheur du compteur, la publication des données sur des portails internet, etc.), et aussi souvent que souhaité, aux informations sur sa consommation d’électricité réelle, le client maîtriserait sa consommation et pourrait réaliser des économies d’énergie en adaptant ses usages."

Ce troisième avantage est intéressant mais il nécessite la participation active du consommateur qui va regarder son compteur pour arrêter tel ou tel appareil... autant dire que cette situation n'arrivera probablement pas très souvent. Cette limitation vient du fait que le Linky n'embarque qu'un seul relais pour un seul appareil. Il aurait pu être intéressant d'en faire une véritable interface pilotant la mise en marche du chauffe-eau, du climatiseur, des radiateurs fonction d'un certain nombre de scenarii. Pour l'heure il s'agit principalement d'un outil qui va limiter le déplacement des personnels pour la facturation et qui améliorera considérablement les statistiques de consommation électrique dans le réseau, ce qui à terme, une fois le réseau équipé permettra d'optimiser la dynamique de flux dans le réseau. Entre 2012 et 2017, Linky devrait remplacer les 35 millions de compteurs électriques en fonctionnement. Il est intéressant de noter que la Suède est proche d'un taux d'équipement de 100%, et l'Italie de 90% . Peut-être n'est-il pas encore trop tard pour accroître significativement la valeur pour le consommateur avec un réel pilotage des appareils fortement consommateur, ce qui en plus permettrait d'optimiser le déclenchement (ou non) des centrales d'appoint au charbon...

Sources : Science & Vie, p. 48, n°1108 - Dossier de presse ERDF : http://www.s2e2.fr/pdf/09-04-14-dp-linkyerdf.pdf